Quand la constipation devient “un bouchon”, la sensation est typique : envie d’aller à la selle, mais rien ne sort, parfois avec douleur, ballonnements et impression de blocage dans le rectum. Cette situation (souvent liée à un bouchon de selles / fécalome) n’est pas seulement inconfortable : mal gérée, elle peut s’aggraver. Dans ce guide, vous allez comprendre ce que signifie constipation bouchon, comment l’identifier, quelles méthodes sont pertinentes à la maison, et surtout quand il faut consulter sans attendre.
Constipation “bouchon” : de quoi parle-t-on exactement ?
Constipation simple vs bouchon de selles (fécalome)
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Constipation “simple” : selles rares, dures, difficiles à évacuer, mais l’évacuation reste possible.
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Constipation avec “bouchon” : accumulation de selles très dures et déshydratées, souvent dans la partie terminale (ampoule rectale), formant un bloc qui empêche le passage.
Le terme médical le plus proche de “bouchon” est souvent fécalome (impaction fécale).
Pourquoi un bouchon se forme ?
Causes fréquentes (souvent combinées) :
- Déshydratation + alimentation pauvre en fibres
- Retenir l’envie (rythme de travail, voyages, douleurs anales)
- Sédentarité
- Médicaments constipants (ex. certains antalgiques opioïdes, anticholinergiques, fer, etc.)
- ge avancé, immobilisation, troubles neurologiques
- Troubles de l’évacuation (dyssynergie du plancher pelvien)
Symptômes : comment savoir si c’est un “bouchon” ?
Signes évocateurs d’un bouchon fécal
Vous suspectez un bouchon si vous avez plusieurs de ces signes :
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Envies répétées d’aller à la selle avec échec
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Selles très dures ou petites billes (type Bristol 1)
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Douleur rectale / sensation de “blocage”
- Ballonnements, inconfort abdominal
- Parfois : fausses diarrhées (liquide qui contourne le bouchon)
Cette alternance constipation/diarrhée peut arriver lorsqu’un contenu liquide “filtre” autour d’un bloc fécal.
Différence importante : bouchon fécal vs occlusion intestinale
Un bouchon rectal n’est pas automatiquement une occlusion, mais les symptômes peuvent se rapprocher si la situation s’aggrave. D’où l’intérêt de repérer les signaux d’alerte (section dédiée).
Que faire tout de suite (méthode progressive, sans se mettre en danger)
Étape 1 : mesures immédiates (simples mais efficaces)
Objectif : réhydrater, stimuler le réflexe gastro-colique et faciliter l’évacuation.
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Hydratation : boire de l’eau régulièrement (pas tout d’un coup).
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Chaud : une boisson chaude le matin peut aider chez certaines personnes.
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Timing : tenter d’aller aux toilettes après un repas (réflexe gastro-colique).
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Position : genoux plus hauts que les hanches (tabouret sous les pieds), buste légèrement penché.
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Respiration : souffler en “abdominaux doux” (éviter de pousser en apnée, qui favorise fissure/hémorroïdes).
Étape 2 : aliments utiles (attention si le bouchon est déjà constitué)
- Si constipation plutôt “fonctionnelle” : privilégier les fibres solubles (psyllium, avoine) + eau.
- Si vous êtes déjà bloqué avec selles très dures au rectum : augmenter brutalement les fibres sans eau peut majorer ballonnements et inconfort.
Exemples souvent utiles en cas de constipation : pruneaux/fruits secs, céréales complètes, oléagineux.
Étape 3 : solutions locales (souvent les plus adaptées en cas de bouchon terminal)
Quand le bouchon est bas (rectal), les approches locales sont souvent plus pertinentes que “manger plus de fibres” :
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Suppositoire (ex. glycérine) : stimule et lubrifie.
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Micro-lavement : ramollit localement et déclenche l’évacuation (utile quand “ça ne sort pas”).
Si un lavement ne suffit pas, une évacuation mécanique peut être discutée dans certains contextes, mais cela relève d’un cadre médical avec précautions d’hygiène et de sécurité.
Étape 4 : laxatifs oraux (quand c’est pertinent)
- Un laxatif osmotique (type macrogol/PEG) est souvent utilisé pour ramollir les selles sur 24–72 h (variable).
- Les laxatifs “stimulants” peuvent aider mais sont plus irritants chez certains ; l’usage doit rester raisonné.
En cas de constipation persistante, l’approche la plus sûre est de suivre des recommandations de santé et de consulter si échec.
Erreurs fréquentes (celles qui aggravent un bouchon)
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Pousser fort et longtemps (risque fissure, hémorroïdes, malaise vagal).
- Multiplier les fibres d’un coup sans augmenter l’eau.
- Enchaîner plusieurs laxatifs “au hasard” le même jour.
- Ignorer la douleur importante ou les signes d’alarme.
- Retenir l’envie par peur de la douleur : cercle vicieux (plus les selles restent, plus elles durcissent).
Quand consulter (et quand c’est une urgence)
Consultez rapidement si :
- Absence de selles + douleur importante persistante
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Sang dans les selles (surtout abondant ou nouveau)
- Constipation chez une personne âgée, fragile, ou avec antécédents digestifs
Urgence : consultez sans attendre si
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Vomissements, ventre très distendu
- Impossibilité d’émettre des gaz + douleur croissante
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Fièvre, altération de l’état général
- Suspicion d’occlusion ou douleurs aiguës
Prévenir la récidive (plan simple sur 14 jours)
Routine “anti-bouchon”
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Hydratation régulière (objectif quotidien stable)
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Fibres solubles progressives (psyllium/avoine) + eau
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Marche 20–30 min/j si possible
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Rituel toilettes après petit-déjeuner (sans forcer)
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Position avec tabouret
- Identifier les médicaments constipants avec un professionnel si concerné
Si ça revient souvent
- Évoquer une constipation d’évacuation (plancher pelvien) : rééducation/biofeedback à discuter avec un spécialiste.
- Un avis médical est utile pour écarter une cause organique si apparition récente, après 50 ans, amaigrissement, anémie, etc.
FAQ
Comment faire sortir un bouchon fécal ?
Commencez par hydratation + position (tabouret) + tentative après repas. Si le blocage est bas, un suppositoire ou un micro-lavement peut être plus adapté ; en cas d’échec ou de douleur importante, consultez.
Comment débloquer la constipation rapidement ?
Mesures utiles : boire suffisamment, bouger, tenter d’aller aux toilettes à horaire régulier, et intégrer certains aliments (ex. pruneaux). Si cela ne suffit pas, un traitement peut être nécessaire selon le contexte.
Comment savoir si on a un bouchon de selles ?
Signes fréquents : impossibilité d’aller à la selle malgré l’envie, sensation de blocage rectal, selles très dures, parfois diarrhée “qui passe autour”. Si douleur marquée, vomissements, ou ballonnement important, consultez en urgence.
Les fibres peuvent-elles aggraver un bouchon ?
Oui si elles sont augmentées brutalement sans eau, ou si un bouchon bas est déjà constitué (ballonnements, inconfort). Préférez une progression et/ou une aide locale si blocage rectal.
Un bouchon fécal peut-il partir tout seul ?
Parfois, si les selles se réhydratent et se ramollissent. Mais si la situation dure, devient douloureuse ou s’accompagne de signes d’alarme, il faut consulter.
Conclusion
La constipation bouchon correspond souvent à un bouchon de selles (fécalome) : il faut agir de façon progressive et sûre (hydratation, position, timing après repas, puis solutions locales/traitement adapté), et ne pas attendre si la douleur augmente ou si des signes d’urgence apparaissent. En cas de récidives, mettez en place une routine (eau + fibres solubles progressives + activité + rituel toilettes) et envisagez un avis médical pour traiter la cause de fond.